Blog Studentatwork > Le jobiste du mois

Sophie Gérard 23 ans, Master complémentaire en droit social (VUB)

Hors de nos frontières, les étudiants belges n'ont pas droit à 475 heures de réduction de  cotisations sociales. Malgré cela, certains d'entre eux quittent  la Belgique le temps d'un été pour travailler. Ainsi, Sophie Gérard nous parle de son job de vacances original : les vendanges.

Sophie, quel était ton job de vacances et en quoi consistait-il ?

J'ai fait les vendanges en France. C'est la 4e année que je fais ce job: en 2007 et 2009, nous étions six coupeurs dans une exploitation en Champagne et en 2011 et 2012, une vingtaine dans une exploitation dans le Beaujolais.

A chaque fois, je passe une dizaine de jours dans une exploitation familiale. On y est nourris et logés, et surtout bien nourris et bien logés !

Dans quel contexte as-tu été amenée à postuler pour ce job ?

Chaque matin, on se lève vers 6h, 6h30 et on prend le petit déjeuner tous ensemble. Ensuite, on part vers les vignes, en camionnette ou à pied. On coupe alors du raisin toute la matinée à l'aide de sécateurs ou de serpettes. On regarde si le raisin est bon et on le met dans un seau. Un autre groupe de personnes passe pour prendre les seaux et ils vont jeter le raisin dans une benne pour un second tri. Vers midi, on retourne à la maison pour manger et on profite d'1h, 1h30 de pause. Puis, on recommence à travailler jusque 17h.  Le soir, on mange avec la famille du vigneron et les amis. C'est une période spéciale, la période des vendanges, donc il y a toujours du passage. Tous les soirs, c'est la fête : on mange et on danse, on fait des connaissances.  Le dimanche et quand il fait très chaud, on ne travaille pas et on en profite pour aller se baigner à la rivière.

Quels sont les points positifs et négatifs que tu retiendras de ce job ?

Il y a vraiment une très chouette ambiance lors des vendanges. Même si c'est un job assez physique,  pour moi, c'est comme des vacances. La plupart du temps, il fait beau et on est en plein air. Puis, on rencontre pleins de gens d'un peu partout. C'est sûr qu'il faut aimer être en groupe et faire la fête : on est les uns sur les autres pendant 10 jours.  Parfois, ça fait du bien de s'isoler un peu.

L'inconvénient, c'est que, comme on est logé et nourri, ce n'est pas hyper bien payé. D'un autre côté, on a du vin gratuit pendant toutes les vendanges et à la fin de la semaine, on reçoit des bouteilles pour rentrer chez nous.

As-tu une anecdote à nous raconter ?

La première année, j'ai fait les vendanges dans une exploitation en Champagne. Le vigneron avait fait un caveau et il nous a montré comment on faisait du champagne, et à la fin de la semaine, il nous a gâtées…On a reçu plein de champagne et des petits cadeaux comme la moutarde au champagne, des biscuits au champagne…C'était vraiment sympa !

Qu'as-tu retenu de cette expérience qui pourra te servir dans le monde professionnel ?

Honnêtement, ce job de vacances va peut-être me faire regretter de travailler dans un bureau plus tard ! Plus sérieusement, c'est surtout une expérience humaine. Chaque fois que se terminent les vendanges, on est très triste. Le dernier soir, on fait une grande fête et sur la route du retour, envahis de nostalgie, on continue à chanter des chansons paillardes. Les semaines qui suivent, on voit des vignes et des raisins partout !

Combien as-tu gagné et que vas-tu faire avec ta paie ?

Cette année, j'ai gagné environ trois cents euros pour 6 jours de travail (c'était une plus petite année) donc je ne sais pas vraiment vivre avec ça toute l'année. On est payé environ 9 euros de l'heure mais finalement quoi de mieux que d'être payé pour des vacances…