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Christophe Deborsu Journaliste à la RTBF

Aujourd'hui, Christophe Deborsu est journaliste à la RTBF et figure parmi les personnalités belges. Toutefois, lorsqu'il étudiait encore le droit à la KU Leuven, il travaillait durant les vacances comme beaucoup d'autres étudiants.

Quels jobs d'étudiant avez-vous effectués ?

Mon premier job d'étudiant, je l'ai fait chez mon père. Il avait une usine où l'on mettait de l'antigel en bouteilles et avait régulièrement besoin d'aide. J'étais affecté à la chaîne de montage avec quatre ou cinq collègues et devais veiller au bon déroulement des opérations. Mon père ne me rémunérait pas pour ce travail, mais je trouvais cela normal.

À l'âge de vingt ans, j'ai décidé qu'il était temps de commencer à gagner de l'argent comme étudiant. Durant les vacances d'été, j'ai été engagé comme téléphoniste chez Europ Assistance. Des malchanceux appelaient de l'étranger et je devais les mettre en liaison avec un service pouvant les aider avec leur problème spécifique.

Combien gagniez-vous et à quoi consacriez-vous votre paie ?

En tant que téléphoniste, je gagnais environ 25.000 francs belges, soit l'équivalent de quelque 600 euros. Mon salaire, je l'utilisais essentiellement pour partir en voyage. Etant donné que l'année académique commençait en octobre, je profitais du mois de septembre pour voyager. Une année, je suis parti en Scandinavie avec des amis : nous avons visité le Danemark, la Suède et la Norvège. Une autre année, nous avons rejoint l'Espagne et le Portugal.

Quelle a été votre plus belle expérience ?

Mon meilleur souvenir est celui de l'hiver de 1985. Cet hiver était particulièrement froid, de sorte que l'antigel était fortement demandé. Mon père recherchait donc désespérément un coup de main pour la mise en bouteilles. À l'époque, nous avions peu d'examens partiels en droit. J'ai ainsi mobilisé un copain d'études pour travailler avec moi toute une nuit. Nous faisions donc ce boulot à nouveau gratuitement, mais j'en garde un beau souvenir parce que l'ambiance était fantastique. L'atmosphère qui régnait avait vraiment quelque chose de particulier.

Ce qui me plaisait le plus lorsque je travaillais comme téléphoniste, c'est le fait que je logeais chez ma tante à Bruxelles durant cette période. Mon horaire de travail était inhabituel. Je travaillais de quatre heures de l'après-midi à minuit. J'étais donc libre la journée. Je profitais de ce temps libre pour explorer Bruxelles, depuis les cafés jusqu'aux musées. Le musée d'Art moderne, le musée du Cinquantenaire… J'ai tout vu. De même, je m'offrais régulièrement une séance de cinéma.

Vos jobs de vacances vous ont-ils apporté quelque chose qui vous sert encore aujourd'hui ?

À vrai dire, un des premiers articles que j'ai rédigé en tant que journaliste était consacré à Europ Assistance… Et ma connaissance (limitée) de la ville de Bruxelles m'a aussi été utile. Ceci dit, j'ai peut-être appris des choses encore plus importantes en travaillant pour mon père. Lorsque j'ai été engagé à la RTBF, je n'avais pas encore terminé mes études. J'ai dû prendre des vacances pour passer mes derniers examens de droit. J'aurais donc facilement pu être déconnecté du monde. D'une certaine manière, les étudiants vivent un peu dans un monde à part. Sans compter que chez Europ Assistance, j'étais essentiellement en contact avec des personnes qui avaient fait des études. Or, chez mon père, mes collègues étaient des ouvriers, des individus que je n'aurais sinon probablement jamais appris à connaître personnellement. En travaillant avec eux, j'ai appris à leur témoigner beaucoup de respect.

Naturellement, je voulais un job d'étudiant qui me rapporte de l'argent ! C'est la raison pour laquelle j'ai quitté l'usine de mon père. Si toutefois vous me demandez en quoi mon travail d'étudiant a été le plus important, je dirais surtout qu'il m'a permis d'élargir mes horizons.